Traduit de thehamiltoninstitute.noblogs.org

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Le nouvel an dans le sud de l’Ontario serait incomplet sans l’expression festive de de notre rage contre les prisons et le monde qui les nécessite. Pour une septième année de suite, nous avons amené le party à quelques institutions locales de contrôle et d’isolement, avec l’intention de démontrer à ceux et celles qui sont enfermé.es qu’ils et elles ne sont pas seul.es durant les fêtes.

La première prison que nous avons visité était l’établissement de détention de Toronto Sud, une nouvelle prison située à Mimico qui est encore vide en grande partie. Une trentaine de personnes venant de 6 différentes villes de la région se sont rejoints pour faire un énorme vacarme avec des feux d’artifices géants et une fanfare. C’était notre première visite à Mimico. Il n’y eut ni intervention policière, ni des gardiens de la prison, bien qu’il y eut une réponse enthousiaste de la part des détenus.

Notre arrêt suivant était à Baron, la prison locale de Hamilton; où des manifestations de bruit ont lieu à chaque nouvel an depuis sept ans. 80 à 90 personnes ont contribué à rendre l’atmosphère amusant et déchaîné à l’extérieur de la prison. Ceux à l’intérieur ont répondu de la même manière. Les participant.es ont lancé encore plus de feux d’artifices, ont frappé sur leurs tambours, et ont tiré un petit arsenal de bombes de peinture sur trois cotés du bâtiment (incluant la porte d’entrée), puis lorsqu’il n’y avait plus de bombes de peintures, des morceaux de glace se fracassaient sur les caméras de surveillance. Des individus masqués ont peint « BONNE ANNÉE » et « DÉCEMBRE NOIR », ainsi que d’autres tags contre les prisons sur les murs de l’édifice et sur d’autres bâtiments adjacents, ou les message sont visible pour ceux à l’intérieur. Encore une fois, il n’y eut presque pas de présence policière.

Cette année, nos pensées et actions étaient avec les gens de la prisons pour femme de Grand Valley, en lutte contre la criminalisation des prisonniers queers, avec Tamara Sol (détenue ai Chili) et avec ceux et celle qui font face à la répression depuis l’expulsion de l’occupation de de la Forêt Hambacher en Allemagne. Tout au long de décembre, nous avons été inspiré par les actions coordonnées qui ont pris place partout dans le monde et qui ont été menées par des individus de divers tendances. Les gestes que nous avons posé ce soir – ces petites tentatives pour briser l’isolement des prisons – était posé en réponse à l’appel fait par nos camarades emprisonnés en Grèce et pour participer à une tradition internationale de solidarité et de lutte contre les prisons. C’est aussi un bon moment pour bâtir de la confiance dans l’action et pour construire des amitiés en faisant la fête ensuite.

(Ce qui suit est une transcription du pamphlet distribué aux participant.es pendant la manifestation de bruit du 31 décembre 2015 à Hamilton et à Toronto )

Note sur la pratique des manifs de bruit aux prisons dans le sud-ouest de l’Ontario

« La porte de la prison s’ouvre, et maintenant, il sait quoi faire; garder la mémoire vivante, ne pas laisser place à l’oubli, ne jamais oublier les camarades laissés derrière, reprendre le chemin de l’insurrection ou il avait été interrompu, verser le venin de l’insubordination dans les réseaux de reproduction de la société capitaliste »

Tiré de « Pour une position combative de l’insurrection anarchiste – Pour un décembre noir », Des anarchistes détenus Nikos Romanos et Panagiotous Argirou

Depuis les sept dernières années, anarchistes et autres radicaux du sud-ouest de l’Ontario ont célébré le nouvel an par des manifestations de bruits à l’extérieur de plusieurs prisons. Nous aimons faire la fête et célébrer le nouvel an et cette tradition nous a permis de le faire dans un esprit d’antagonisme et de solidarité. Nous pouvons nous amuser d’une façon qui nous inspire et qui amène un peu de joie aux gens qui sont enfermés. Connecter avec les prisonnier.es à travers les mur c’est une action directe contre l’aliénation et la séparation que la prison crée et ça transforme l’espace urbain, en amenant le focus sur le fait que les prisons occupent notre environnement et rendent réelle la violence coercitive de l’État qui contrôle nos vies. Les prisons nous affectent tous les jours, que nous soyons enfermé.es ou non, et les manifestations de bruit du nouvel an rendent ce conflit tangible.

L’une des intentions initiales des manifestations de bruit à Hamilton était de prendre part à une pratique internationale de solidarité anarchiste avec les prisonniers. En 2009, c’était en réponse directe à un appel à appuyer une campagne internationale de solidarité avec la grève de la faim des prisonniers anarchistes, initiée par Gabriel Pompo Da Silva depuis la prison ou il était détenu en Allemagne. L’année suivante, quelques un.es de nos camarades étaient encore enfermé.es depuis les mobilisations du G20; il y avait eu des manifestations quelques mois plus tôt aux prisons de Vannier/Maplehurst et à Don Jail en solidarité avec les anarchistes et autres prisonnier.es qui y sont détenu.es. Pour plusieurs d’entre nous, ce fut une marque dans le temps lorsque la réalité de la prison a sombrement fait intrusion dans nos vies. Cette année-là, la colère combative dans les manifestations a démontré une intensification de l’hostilité toujours encrée dans l’esprit d’une solidarité internationale, particulièrement avec les prisonniers de Géorgie aux États-Unis qui étaient en grève de la faim ainsi qu’avec l’appel international pour les manifestations de bruit du nouvel an (le même texte a été rediffusé cette année pour relancer l’appel à faire des manifs).

Cette année, démontrons notre solidarité avec l’appel internationale pour un Décembre Noir lancé par les prisonniers anarchiste en Grèce Nikos Romanos et Panagiotis Argirou. Ils ont lancé l’appel a poser des actes insurrectionnelles partout dans le monde en espérant que « se sera le détonateur pour que recommence l’insurrection anarchiste à l’intérieur et hors des murs des prisons ». Leur appel a déjà eut comme réponse plus de cinquante actions autour du monde, incluant au Canada, où un véhicule de police a été attaqué et une marche confrontationelle qui eut lieux à Montréal ont été revendiqué comme prenant part à un Décembre Noir.

Depuis 2011, les manifestations se sont multipliées – en solidarité avec les prisonniers en lutte à la prison de Grand Valley à Kichener, pour visiter les prisonniers anarchistes à Toronto Ouest et à Penetanguishene, à la prison pour mineurs Syl App à Oakville – tout en continuant la tradition en faisant un arrêt à la prison de Barton à Hamilton. Cette prison, décrite tel « un monument de la misère humaine », située dans l’une des aires urbaines les plus pauvre du Canada, est toujours aussi surpeuplée et tue plusieurs de ses prisonniers tous les ans.

Les screws mangeur de merde du syndicat SEFPO utilisent la prison de Barton comme pièce maîtresse dans leur dispute avec le gouvernement provincial de l’Ontario, en laissant les conditions se détériorer jusqu’à un point désastreux afin de bonifier leur position dans les négociations. En 2012, une soi-disant action de « grève » des gardiens a seulement prit fin au moment où un prisonnier est mort après un mois d’isolement cellulaire. (Peuvent-ils vraiment être considérés comme des travailleurs quand leur métier est la gestion de la misère d’autrui? Ne serait-il pas plus exact de définir cette action comme une prise-d’otage où comme de l’extorsion?)

Cette année nous faisons un arrêt à la nouvelle prison de Toronto Sud, appelé Mimico, à la frontière de Toronto-Mississauga. Ce nouveau cauchemars à sécurité maximale, qui sera parmi les prisons les plus peuplées du Canada lorsqu’elle sera pleine, a déjà vu deux de ses détenus mourir depuis son ouverture il y a un an. Les prisonnier qui y sont décrivent être en isolement cellulaire de trois à quatre jours par semaine et voient les soins médicaux leur être refusé constamment. Il n’y a pas de cour extérieur dans cette prison – le temps sensé être alloué pour aller à l’extérieur est remplie par la mise des prisonniers dans une pièce en béton avec des fenêtres. Il n’y a pas de visite réelle non-plus – bien que les ami.es et la famille doivent faire un long trajet pour se rendre jusqu’à la prison, ils ne peuvent voir ceux qu’ils aiment que par vidéo-conférence.

La prison de Mimico est une intensification de la cruauté et du cynisme du système contre nous tous et toutes et cela mérite une opposition vigoureuse. La surveillance et le contrôle intensif des vies de ceux qui y sont enfermés fait miroiter l’intensification du contrôle social dont nous faisons l’expérience hors des murs. Les prisonniers, là-bas, s’organise avec beaucoup de courage pour demander de meilleurs conditions, par des grèves de la faim, des communiqués de presses et des demandes collectives. Ils mérite définitivement notre solidarité et notre participation dans une lutte commune.

C’est beau que nous maintenons la tradition des manifs de bruits du nouvel an depuis autant d’années – en tant qu’opportunité de joie collective, de rage collective, comme moment pour mettre en scène la violence du système capitaliste, pour ce souvenir de ses nombreuses victimes et comme occasion de participer à une mobilisation internationale contre les prisons et le monde qui les nécessite. Bonne année!

« Les prisons, ce n’est pas un domaine réservé aux spécialistes, comme ceux et celles qui ont fait du temps où qui ont des liens particuliers avec des individus prisonniers, c’est la réalité sous-jacente de la vie quotidienne, chaque discours du capital menés à leurs conclusions logiques. »

Alfredo M. Bonanno dans Locked Up.

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